Les heures silencieuses

Admirer un tableau, entrer en son c½ur, jeter un ½il à droite, à gauche, puis laisser son imagination écrire le reste... C'est comme ça que j'apprivoise l'art, et c'est exactement ce qu'a effectué Gaëlle Josse dans ses heures silencieuses.

A partir du tableau d'Emanuel de Witte « Intérieur avec une femme au virginal » elle nous emmène dans la vie de Magdalena van Beyeren, au c½ur de la bourgeoisie commerçante néerlandaise du XVIIᵉ siècle.

Avec sa plume délicieuse, elle nous fait partager le temps d'une saison, les préoccupations de mère, d'épouse et de femme d'affaires d’une riche héritière que la vie n'a pourtant pas épargnée. Sans se plaindre, Magdalena nous livre son histoire, tout à la fois émouvante et banale pour l’époque. Et malgré les trois siècles qui nous séparent, je me suis sentie vraiment proche de cette jeune femme de mon...

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La Théorie de la tartine

Hey, dis donc madame Titiou, tu peux me dire comment tu fais pour faire mouche à chaque fois que tu prends ta plume, ton stylo, ton clavier ? Comment tu fais pour pondre des réflexions aussi riches tout en les déguisant en chick-lit drôle et addictive ? Hein ? Parce que les auteurs du moment, souvent ils prennent un peu le melon, ils (s')alourdissent jusqu'à l'éc½urement. Mais toi, que tu nous prépares des morues ou des tartines, elles sont toujours fraîches et légères, appétissantes, et bien nourrissantes. Un vrai régal.

Titiou, j'aime ta vision de la vie. J'aime ton blog et tes théories, j'aime ta perception de la Femme, tes les listes et ta vision d'Internet. Cet Internet que comme toi j'aime explorer, fouiller, décortiquer de fond en comble, avachie dans mon canapé, emmitouflée dans un vieux pyjama en pilou, en ingurgitant tout et surtout n'importe quoi, et en m...

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Profession du père

Encore une fois je suis bouleversée.

Encore une fois, je ne trouve pas les mots justes pour exprimer mon ressenti.

Encore une fois, Sorj Chalandon nous immerge dans la guerre. Dans les guerres. La guerre d'Algérie, qui sert de catalyseur à la folie du père, mais aussi la guerre silencieuse, familiale. Une petite guerre dans la grande, tout aussi destructrice. La folie d'un seul homme peut bouleverser à jamais la vie de tant d'autres.

Encore une fois monsieur Chalandon me prend aux tripes avec un roman magistral, violent et tendre à la fois.

Et encore une fois je me suis laissé envahir par la symphonie des mots. Je me suis nourrie de chaque phrase, de la justesse de chaque mot.

Encore une fois je m'émerveille devant la magie qui sait transformer l'horreur en nostalgie, l'infâme en poési...

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Les temps sauvages

Après avoir placé la barre aussi haut avec Yeruldelgger, difficile pour Ian Manook de transformer l'essai pour son second volet.

Sur le fond, mon avis est mitigé. Je n'ai pas trouvé l'intrigue aussi bien amenée que la première, avec des rebondissements par trop improbables et quelques coïncidences faciles qui m'ont agacée. Cela dit, l'ensemble se tient tout de même pas mal, et après tout un bon polar n'a pas forcément vocation à être plausible. En témoignent les qualités de super-héros de Yeruldelgger, que l'on retrouve également chez son alter égo Zarza ou chez la jolie mais très résistante Oyun. En parlant d'elle d'ailleurs, la manière dont l'auteur l'a fait évoluer dans ce volume m'a franchement déplu. Plus que son invincibilité – qui commence à devenir légendaire – c’est sa grotesque amourette qui m'a dérangée. Je ne peux pas adhérer à la facilité avec laquelle elle passe du stade d'écorchée v...

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Washington Square

Retour à mes premières amours avec un roman classique du XIXe siècle.

A Washington Square, le docteur Sloper, veuf fortuné, vit avec sa fille unique, et son horripilante s½ur Lavinia. A 21 ans, la jeune Catherine est déjà à la tête d'une confortable somme d'argent héritée de sa mère, et pourrait encore tripler la mise à la mort de son père. Mais voilà, elle n'est ni belle, ni vive, ni spirituelle, et les soupirants ne se bousculent pas devant sa porte – à croire que les coureurs de dots ne sont pas légion à New-York ! Aussi quand le séduisant Morris Townsend se met à lui faire la cour, la demoiselle tombe irrémédiablement sous son charme... contrairement à son père qui prend en grippe le jeune homme au premier coup d'½il. Tiraillée entre son amour pour Morris et son adoration aveugle pour son père, influencée par les (mauvais) conseils romanesques de sa tante, Catherine devra apprendre à s'affirmer...

Si – contrairem...

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Vent d'est, vent d'ouest

Je viens encore de dévorer ce petit bijou de PearlBuckien en moins de 24 heures ! La première fois j'avais 12 ans, et j'en avais pleuré. Aujourd'hui mes yeux sont restés secs, mais mon c½ur est toujours ému par les destins de Kwei-Lan et de son frère.

Dans la Chine des années 20, les cultures se choquent, les générations ne se comprennent plus, c'est la tradition séculaire, millénaire même, qui est en péril. Pourtant, les familles aristocratiques s'accrochent encore à leur mode de vie immémorial : mariages arrangés dès la naissance, pieds des jeunes filles bandés, épouses multiples dont le seul objectif est d'enfanter un fils. Chaque geste doit être mesuré (surtout pour les femmes), le thé servi à deux mains, les marques d'affections bannies en public, un regard trop direct sera interprété comme une insulte. Difficile de croire que c'est dans cette même Chine ancestrale que commencent les aventures de la jeune Mary du roman « Lire la suite...

Une promesse

Comment rendre justice à « Une Promesse » sans trahir la poésie du magnifique texte de Chalandon ? Sans non plus ternir l'âme de la promesse qui s'y dévoile pudiquement page après page ?

Je me contenterai de vous inciter à vous laisser guider par la lumière de la veilleuse, à faire tinter la cloche de Ker Ael et à entrer sans hésiter dans la maison aux volets bleus d'Etienne et Fauvette, aux côtés de la petite bande du café du bosco.

Paradis du lundi, Léo du mardi, l'Andouille du mercredi, Madeleine du jeudi, Ivan du samedi, Blancheterre du dimanche, et bien sûr Lucien, le bosco, le petit frère. Ils sont tous plus touchants les uns que les autres. Touchants dans leur simplicité, leur amitié profonde, touchants dans leur attachement. Touchants dans leur Promesse. Promesse d'amitié, promesse de vie... Promesse d'éternité...

Sorj Chalandon – qui s'installe tranquillement en tête de mes auteurs fétiches –...

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Yeruldelgger

On connaissait les policiers anglais, propres et distingués, les polars américains, noirs et violent, les policiers nordiques, intellectuels et sombres... il faudra maintenant compter avec la force brute et chamanique des polars mongols !

Certes, l'auteur est français, mais on ressent au travers des 500 pages de ce magnifique premier roman tout l'amour qu'il porte à la Mongolie. Des steppes désertiques peuplées de fiers nomades aux quartiers louches d'Oulan-Bator en passant par un monastère Shaolin, ce polar à plusieurs niveaux nous fait voyager au c½ur d'une contrée sauvage, tiraillée entre modernité et traditions, entre science et chamanisme.

Yeruldelgger Khaltar Guichyguinnkhen – littéralement "Cadeau d'Abondance de la famille de la Chienne au Visage Sale" (ouais hein, les noms mongols ça en jette un peu quand même !) est un policier hors pair mais un homme détruit. Ayant to...

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Une odeur de gingembre

Attention pépite ! Et pas un petit gravillon doré, non non, une bonne grosse pépite 24 carats !

Quand j'ai ouvert ce livre, je ne savais absolument pas à quoi m'attendre. Impossible de me souvenir comment il a atterri dans ma PAL et comme je ne lis jamais les quat' de couv', je n'avais aucun a priori en me plongeant dans le journal de bord de cette jeune écossaise prête à découvrir le monde. Il m'aura suffi de quelques pages pour savoir que j'aimerais ce bouquin, et de quelques pages de plus pour en tomber amoureuse. J'ai beau chercher, je ne lui trouve aucun défaut. La plume délicate – si surprenante de la part d'un homme (eh oui, moi aussi j'ai de vilains préjugés !), le rythme posé mais pas trainant, le style alliant journal intime et correspondance à sens unique, tout est parfait.

Ecrit en 1977, « Une odeur de gingembre » offre une réflexion résolument moderne sur la Femme et sa condition au début des années 1900, mais...

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Fatherland

Et si Hitler avait gagné la guerre ?

C'est le parti pris que pose Robert Harris dans cet excellent roman.

Années 60. L'Europe est donc sous la coupe du National-Socialisme. L'Allemagne a englouti l'Alsace – comme de bien entendu –, le Luxembourg, et s'est étendue à l'Est jusqu'au fin fond de la Russie. Quant aux pays de l'Ouest européen, ils sont tous (mis à par la Suisse, éternelle banquière neutre) soumis à la politique étrangère du Führer. Seuls les Etats-Unis pourraient encore s'opposer à cette Union Européenne toute puissante, mais des rumeurs enflent sur les motivations du président Kennedy (surprise, ce n'est pas John Fitzgerald mais Joseph Patrick, son père qui gouverne les USA) qui vient d'annoncer sa visite à Berlin... Le postulat est à lui seul intéressant, mais le coup de gén...

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