Mes citations

Ma revendication en tant que femme c'est que ma différence soit prise en compte, que je ne sois pas contrainte de m'adapter au modèle masculin.

Le monde n'avance que si la morale et l'intérêt vont dans le même sens. Sinon, la morale sera toujours bafouée par l'intérêt et l'intérêt saura toujours inventer la morale qui lui convient.

Pour changer le monde, commence par te changer toi, mais n'oublie pas, en chemin, de changer le monde.

Mon pays n'a pas de bibliothèques. Nos légendes, nos héros, notre science, nos mystères se transmettent par la parole de père en fils, d'initié en initié. Que le fil se rompe, il ne reste rien. Après des millénaires, l'esclavage a rompu cette chaîne... si je puis le dire comme ça. Une seule génération suffit pour n'être plus africain.

Les mauvais traitements motivent la rébellion mais en brise la volonté. De meilleures conditions attisent moins la colère mais laissent le champ libre aux mauvaises influences.

Pour les hommes et les femmes de la forêt ou des savanes, la mer, c'est la fin du monde, le grand fleuve des enfers, si large qu'on n'en voit pas l'autre rive. Y être emporté par des hommes qui en sont venus, pâles comme la mort, c'est partir vers l'au-delà.

Les idées changent, pas la cupidité.

Ma manman m'avait dit qu'un jour quand je serais grand j'aimerais quelqu'un et ça voudrait dire que j'essayerais d'empêcher tout le monde de lui faire du mal. J'avais cru que c'était Schrubs. Mais non. C'était Jessica.

Figurez-vous que c'est un être humain habillé en enfant. Il possède les organes et les sentiments de son espèce mais n'en a aucun des droits. Et il n'est pas le seul. Notre pays baigne encore dans l'idée malsaine qu'on n'est pas une personne à part entière avant d'être en âge de voter et de boire de l'alcool. C'est entièrement faux.

— Je me fiche vraiment en rogne quand j'ai peur, il a dit. C'est tout le monde pareil. Des fois, les gens le savent même pas. La prochaine fois que tu seras terriblement en rogne, penses-y. Peut-être que tu découvriras que tu as peur de quelque chose, tu comprends ? Et alors, plus besoin de te mettre en colère.

La famille est une source inépuisable de lieux communs. La famille est même LE lieu commun où l'on brasse tous ensemble la légende.

On peut mourir dans le mensonge. On ne peut pas se donner la mort sans s'être dit à soi-même la vérité.

Comment ses fils sauront-ils que leur vie est meilleure si l'on efface toutes les traces d'avant ?

Tu comprends, l'histoire des hommes, c'est l'inverse de la solitude. Et puis, le passé, si nous savons le lire ou l'entendre, nous assure de ce qui est juste.

Les grandes veuves de guerre, les vraies, celles de la Première Guerre mondiale, n'étaient pas les femmes qui avaient perdu un mari, mais celles qui avaient perdu un fils. Un épouse qui avait perdu son mari, même au champ d'honneur, pouvait toujours se remarier. Mais une mère était amputée à vie d'un amour qu'elle ne pourrait jamais retrouver [...]

Albert ne pensait pas à mourir, il avait juste le désir d'en finir. Mourir ne serait que le moyen.

Car il nous faut poursuive ce qui se trouve devant, et non derrière, ni ce que nous avons perdu. Nous devons saisir ce que nous sommes en mesure d'atteindre et nous accrocher, vite.

Elle se rappela aussi avoir lu quelque part que la seule langue au monde à posséder un mot pour désigner ces êtres, ces vies, était le roumain. Detlene : esprits errants de ces enfants perdus ou morts-nés. De ces enfants qui indéniablement, avait vécu, mais seulement dans le ventre de leur mère. [...] Quel étrange réconfort, alors, que la découverte de ce mot, ce mot qui précisément désignait ce qui réside dans le noyau de votre être, dans les allées les plus secrètes de votre c½ur.

Maeve la regarde. Ne la lâche pas des yeux. Si la petite était un liquide, Maeve la boirait ; si elle était un gaz, Maeve la respirerait ; si elle était une pilule, Maeve l'avalerait ; si elle était une robe, Maeve la porterait ; si elle était une assiette, Maeve la lécherait.

Claudette est obligée d'enfoncer son visage dans son matelas pour reprendre ses esprits, pour tolérer son propre poids, incapable de supporter ce sentiment d'être prisonnière, de supporter la futilité de ses fantasmes. Tout se passe comme si elle avait dessiné la porte entrouverte d'une cage, avait entrevu la possibilité d'une vie autre que la sienne, au-delà de la sienne, différente.