Mes citations

Je ne sais pas encore qu'au moment où l'on me pousse à liquider ma liberté, ses parents à lui jouent un scénario tout aussi traditionnel mais inverse, « tu as bien le temps d'avoir un fil à la patte, ne te laisse pas mettre le grappin dessus ! », bien chouchoutée la liberté des mâles.

La fac, pour Hilda, c'est naturel, le cours des choses, pour moi un acte risqué. Devant l'amphi encore fermé, ce petit tremblement prolétaire dissimulé sous le balancement désinvolte du sac où brandouille un classeur, la peur d'avoir l'ambition plus grosse que la tête.

Garçon au désir libre, pas toi ma fille, résiste, c'est le code.

Devenir quelqu'un ça n'avait pas de sexe pour mes parents.

Mais je cherche ma ligne de fille et de femme et je sais qu'une ombre au moins n'est pas venue planer sur mon enfance, cette idée que les petites filles sont des êtres doux et faibles, inférieures aux garçons.

C'est difficile d'être un artiste. C'est difficile d'être n'importe quoi. C'est difficile d'être.

Pour la première fois, je me sentais entourée. Je me sentais – mon Dieu, comment avais-je pu en arriver là ? – fière.

Est-ce qu'elle se remettait en question, puisque c'est elle qui avait élevé sa fille ? Et si elle avait été ma mère, comment aurait-elle réagi ? Qu'est-ce qui l'aurait plus affectée ? Perdre sa fille, ou savoir que c'est elle qui aurait pu tirer ?

Le fait de noter leur nom dans ce carnet serait la preuve que c'étaient des super-nuls et que, moi, j'étais une victime.

Les hommes ignorent le plus souvent ce qui se passe dans nos c½urs et dans nos corps ; ils comprennent mal qu'une mère aime sans raisonner, et toujours se tracasse de demain.

Nos mains ne retiennent ni le sable ni l’eau, il en est ainsi de nos c½urs, s’ils n’ont été un jour comblés de plus d’amour qu’ils ne semblent pouvoir en contenir.

Je n'ai pas de goût pour les confidences que s'échangent les femmes entre elles. Trop souvent, on voit le secret de l'une, sitôt franchi ses lèvres, porté à la connaissance des autres. Il devient leur jouet et elles en disposent à leur guise. Ce ne sont que broderies et arabesques, chacune y ajoute ses motifs et ses couleurs, et la réalité de l'affaire disparaît sous les ornements.

Et si... Mon dieu... Et si les gens étaient des cons ?

(...) ils voulaient défendre le droit à l'anonymat face au pouvoir politique. Mais il n'y avait pas eu besoin d'une loi pour interdire l'anonymat. Ils avaient tous, en tant qu'internautes, fourni leurs données. Le pouvoir alors détenu par des entreprises privées devenait absolu. Un pouvoir que les citoyens n'auraient jamais accordés à un État.

Il était de plus en plus convaincu que dans notre société moderne, une inégalité fondamentale allait s'opérer entre ceux qui donnaient des ordres aux machines et ceux qui obéissaient aux ordres des machines.

[...] la plupart des gens considèrent* Internet comme un espace virtuel alors qu'il est presque plus réel que la vie. Ce n'est pas le web qui est virtuel, c'est le monde réel qui est devenu virtuel.
* faute grammaticale incluse !

Quelque chose avait changé dans la pièce, dans mon c½ur. Une fenêtre invisible s'était ouverte, laissant entrer le vent, l'hiver, le froid, le soulagement, surtout. J'avais la main sur mon inhalateur, mais je respirais normalement. J'avais enfin mis des mots sur mon silence. Et j'avais été entendu.

Et puis le silence. Je l'ai laissé entrer, avec sa sale gueule. Comme ça, pour voir ce qu'il adviendrait de nous. Un silence de poisse, de glu. Un silence de gêne, de honte, de rien à se dire. Un silence de bout de table, de fin du jour, un silence d'après nuit, un silence de regard baissé.

J'ai pris le train en sens inverse, une boule d'enfance dans le ventre.

Auparavant, dans mon pays, je lui avait dit que je me ferais pour lui Chinoise, Hottentote ou n‘importe quoi. Maintenant je ne peux plus ! Je resterai Américaine à jamais !