La quiche fatale

Agatha Raisin est un personnage atypique : ronchon, entêtée, arrogante, tricheuse, égoïste... Dire qu'elle ne manque pas de défauts serait un euphémisme ! Mais paradoxalement son vocabulaire fleuri, ses manigances et son incroyable capacité à se faire des ennemis la rendent plutôt attachante !

Lorsqu'elle décide de plaquer Londres et son agence de relations publiques pour un petit village des Costwolds, tout ne va pas se passer comme prévu. Dans une ambiance un peu désuète à la Miss Marple, notre irrévérencieuse quinquagénaire va avoir du mal à trouver sa place. Il faut dire que se retrouver mêlée à une histoire de meurtre par quiche empoisonnée n'est pas la meilleure des entrées en matière pour initier des relations de bon voisinage !

Une lecture sympathique qui, sans arriver à la cheville du suspens d'un Martha Grimes ou du génie d'un Agatha Christie, vous fait tout de même...

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La mort nomade

J'avais adoré Yeruldelgger, puis été un peu déçue par Les temps sauvages, mais alors là vraiment Monsieur Manook, il va falloir arrêter. C'est tellement dommage d'avoir réussi un si bon premier tome pour le gâcher ensuite dans une série de bas étage !

Je me suis vraiment forcée pour finir ce 3ème opus, et encore j'ai sauté quelques paragraphes. Pour tout dire, j'ai nettement préféré lire dans le même temps le tome 3 de La guerre des clans – la saga qui passionne mon fils de 8 ans – que ce navet insipide regroupant à lui seul tous les clichés du genre. Personnages tellement caricaturaux que ça en devient comique, méchants véreux pleins aux as, coïncidences à la pelle, et surtout du sexe, du sexe et encore du sexe. Jusqu'à l̵...

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Sorj Chalandon

Je pourrais lire du Sorj Chalandon tous les jours de ma vie. A l'heure actuelle, j'ai lu tous ses livres, mais j'attends avec impatience le 18 août prochain pour pouvoir dévorer « Le jour d'avant » qui j'en suis sûre sera à la hauteur de ses sept prédécesseurs.

Sorj Chalandon, c'est mon auteur préféré de l'univers. J'aime beaucoup d'écrivains d'hier et d'aujourd'hui, mais lui, il est à des milliers de kilomètres au-dessus des autres. Toujours caché derrière ses personnages, il est un peu d'Antoine, un peu de Georges et de Samuel. Il est Bonzi, il est Lupuline. Il est Emile. Et il est Sorj. Parlant de lui sans en avoir l'air, lucide mais jamais amer, toujours avec tendresse il évoque à merveille des sentiments forts et universels. J'aime sa nostalgie teintée d'optimisme.

Sorj Chalandon a vécu la guerre, et pourtant il a gardé une âme d'enfant. Une réelle âme d'enfant, de celles qui font voir de la magie dans un...

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Liberia

Liberia, c'est une histoire vraie et méconnue, celle de l'African Return. Une Histoire avec un grand H, scandaleusement absente des livres d'Histoire. Honnêtement, je n'avais jamais entendu parler de ces colons noirs venus, ou revenus, s'installer sur la côte Africaine au milieu du XIXe siècle. Et pourtant, quel incroyable chemin ils ont parcouru !

Liberia, c'est une fiction qui n'en est pas une, où les personnages historiques se confondent avec leurs versions romancées. Comme le Julius Washington du roman qui ressemble étrangement à l'Augustus du même nom, premier daguerréotypiste du Liberia, et bien réel lui. Ou encore comme la famille Hartwell Cocke qui – hormis le prénom du patriarche John devenu George – est tout aussi réelle que les présidents Jefferson et Madison, pour ne citer qu'eux.

Liberia, c'est un roman captivant, extrêmement bien documenté, qui vous fait traverser l'océan à bord de majestueux v...

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Quand j'avais cinq ans je m'ai tué

Quand j'ai lu pour la première fois l'histoire de Gil, j'étais à peine plus âgée que lui ; aujourd'hui c'est mon fils qui a son âge. Et la transposition n'en est que plus forte, l'émotion plus violente.

Gil est un gamin hors normes, dont l'imagination trop riche et la soif de vivre perturbent, pour ne pas dire effraient son entourage. Ses parents, engoncés dans leurs principes étouffants, désemparés devant ce fils qu'ils ne comprennent pas, ne savent pas l'aimer, malgré une évidente bonne volonté de la manman. Alors quand il rencontre Jessica, une petite fille aussi lunaire que lui, c'est le coup de foudre, même s'il ne sait pas encore mettre de mots sur cet émoi. Mais pour les adultes bien-pensants, les enfants ne sont que de petits êtres incomplets, incapable de sentiments. Et c'est le drame.

Interloqué de se retrouver isolé dans la "Résidence Home d'Enfants les Pâquerettes" à cause de Lire la suite...

La route

La route fut longue et éprouvante, tant pour les protagonistes de Cormac McCarty que pour moi simple lectrice.

Un style décousu – cette avalanche de "et" est proprement indigeste, des dialogues brefs et sans chaleur, des personnages déshumanisés auquel il est difficile de s'attacher et une mise en page inexistante. D'accord, tout cela cadre avec l'ambiance post-apocalyptique que l'auteur cherche à dépeindre... mais cela rend également la lecture très désagréable. Entre ennui et désintérêt, rarement un livre dont le propos est pourtant ouvertement poignant m'aura provoqué si peu d'émotion.

Alors SF ou pas SF je ne sais pas, mais une chose est sûre, ce roman, quoiqu’original, n'était pas pour moi.

En vieillissant les hommes pleurent

Peut-être qu'en vieillissant les hommes pleurent, mais moi je n'ai pas attendu pour que ce magnifique roman me tire une larme. J'en sors soufflée et émue. Séduite, mais le c½ur serré.

Albert est un ancien. Il n'a que 50 ans mais il appartient au passé, il aime le passé, il ne se reconnait pas dans cette modernité qui envahit petit à petit sa vie. Sans amertume, il va au cours de cette unique journée, revenir sur les renoncements qui ont marqué son existence, et surtout sonder les replis de son c½ur. Sous des dehors de colosse, c'est en fait un homme fragilisé luttant maladroitement contre une vague qui le noie peu à peu. Un témoignage touchant. Puis au spleen succède la force de l'hommage : un dernier chapitre en aparté, sorte de post-scriptum qui m'aura marquée plus profondément encore. La ligne Maginot, le grand mensonge du siècle. Bouc-émissaire d'une défaite dont elle n'est pas responsable, elle cristallise encore aujourd'hui la honte des soldats défaits par cette d...

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Assez de bleu dans le ciel

J'ai retrouvé Maggie O'Farrell ! Après un léger passage à vide avec « En cas de forte chaleur », elle signe ici une épopée magistrale, de la trempe de ses plus grands romans. Comme à son habitude, c'est en mêlant les époques et les points de vue qu'elle bâtit, pierre par pierre, telle une architecte des mots, une fresque immense. Une construction impressionnante, centrée sur deux personnages principaux, Daniel et Claudette, mais riche de tous ceux qui les entourent, et où, à l'instar du battement d'aile d'un papillon, chaque détail à son importance.

La narration est étourdissante de justesse, s'adaptant chapitre après chapitre à l'humeur, à l'époque, au c½ur de ses personnages. Tous portent sur eux-même un regard étrangement distancié. Tous nous livrent leur failles et leurs émois, en toute humilité, en toute humanité. Ce livre n'a pas un sujet, mais mille. Deuil, divorce, alcoolisme, infertilité ...

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En cas de forte chaleur

Été 1976, la canicule s'abat sur la Grande-Bretagne. Réunie par la fugue inopinée du père, la famille Riordan règle ses comptes. Sous la fournaise, les langues se délient tandis que les liens distendus petit à petit se resserrent...

Le problème quand on lit un roman d'un de ses auteurs préférés, c'est qu'on prend le risque d'être déçu. Ce qui aura été mon cas ici, du moins en partie. Car même si la qualité du roman reste indéniable, l'intrigue est un peu trop convenue, j'avais compris l'essentiel à la page 260. Mais surtout, j'ai trouvé la fin vraiment bâclée, notamment en ce qui concerne Aoife*. Quel dommage que ce personnage, pourtant si complexe, si riche ne soit pas plus développé ! Elle aurait presque mérité un roman pour elle toute seule. Clairement, Maggie O'Farrell a préféré se concentrer sur les liens familiaux que sur son intrigue ; car entre secrets évidents et indices tombés du ciel, la poursuite du père est digne d'une enquête du Club des Cinq (ceci étant d...

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Le petit Bonzi

Quand je lis un roman de Sorj Chalandon, je deviens empathique, et le Petit Bonzi n'échappe pas à la règle. Tout au fil du livre, j'ai éprouvé de la solitude, de la peine, et surtout un fort sentiment d'abandon. De l'abandon que ressent un enfant lorsque, drapés dans leur "sagesse", les adultes ne comprennent pas ses souffrances, ne les voient même pas. Le petit Jacques m'a ramené 30 ans en arrière, il m'a serré les tripes comme quand j'avais son âge. Je me suis revue, démunie face à ces petits mensonges qui enflaient dans ma tête, et ces bêtises qui me paraissaient insurmontables ; on a beau dire « Petit, petits soucis, grand, grands ennuis », les petits soucis de Jacques m'ont semblé accablants, comme à lui. Et j'admire tellement Sorj Chalandon pour ça ; pour être capable, malgré son vécu – ou peut-être grâce à ce vécu – de comprendre, et de me rappeler à quel point il n'est pas facile d'être un enfant.

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