The handmaid's tale

Bienvenue dans une dystopie incroyablement actuelle. Bien qu'elle ait été écrite en 1985, on y retrouve nombre d'ingrédients distillés dans les médias de 2017. Le terrorisme, qui n'est pas toujours là où l'on croit, le tout-sécuritaire qui abroge une par une nos libertés, la bien-pensance biaisée où le paraître prime sur l'être et surtout la place des femmes. En fait, je ne suis pas sûre d'avoir lu une dystopie, mais plutôt une projection à peine distordue de notre réalité.

La République de Gilead (qui n'a de république que le nom) a, en quelques années seulement, complètement réorganisé la société. Les femmes dont le mari n'est pas un haut dignitaire sont réparties en fonction de leur capacité à procréer. Celles qui ont la "chance" d'être fertiles n'auront plus d'autre fonction. Déshumanisées par l'effacement de leur identité, silhouettes écarlates et fantomatiques, tout à la fois avilies et glorifiées, elles sont devenues objets, elles ne sont plus qu'un ventre. Car étrang...

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Chez les heureux du monde

Ce n'est pas nouveau, j'aime la littérature classique. J'aime Émile Zola, j'aime les s½urs Brontë, j'aime Henry James... Et j'aime d'autant plus Edith Wharton qu'elle me rappelle ce que je préfère en chacun d'eux.

Je ne sais pas bien expliquer pourquoi mais, moi la femme moderne et émancipée, je me sens parfaitement dans mon élément dans le milieu codifié de la haute-bourgeoisie classique. J'adore cet univers de façade où les apparences sont plus importantes que les faits eux-mêmes. Je me plais à côtoyer ces gens endimanchés pour qui manigances et faux-semblants font loi. Et surtout, je me régale des joutes verbales peuplées de métaphores et de sous-entendus, qui donnent un tour si innocent aux discussions les plus crues.

C'est dans ces hautes sphères faussement puritaines que l'on va suivre le destin de...

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Le Bruit et la Fureur

Je referme « Le bruit et la fureur » éreintée et pantelante, hébétée. Si un livre peut être qualifié de complexe, c'est bien celui-ci ! Je ne crois pas de ma vie avoir autant lutté pour comprendre un texte ! Nombre de fois j'ai failli abandonner, mais ma précédente expérience Faulkner me soufflait que ça valait la peine de s'accrocher. Et bien m'en a pris, ce roman est une véritable tornade de sentiments, un ouragan de douleurs et de violences. Du bruit et beaucoup de fureur !

Difficile de résumer un livre qui s'approche plus d'une sensation que d'un récit. J'ai l'impression d'avoir épié l'histoire par le trou d'une serrure. Au travers d'un ballet de silhouettes floues qui se mêlent et se confondent, la trame se révèle petit à petit, sombre, dramatique. Blancs déchus et serviteurs noirs, trois générations gravitent autour de Caddy, personnage central tout à la fois omniprésente et fantomati...

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Remède de cheval

Pour résumer ce deuxième opus de la série, je dirais que l'héroïne est fidèle à elle-même mais que le reste s'essouffle.

Dans ce volume, elle fait équipe avec son séduisant voisin, un chouïa plus sensé qu'elle mais tout aussi agaçant. Les autres personnages sont mal exploités et ne présentent par conséquent que peu d'intérêt (dommage pour Bill qui mériterait meilleur traitement). Quant à l'enquête, je l'ai trouvée plus poussive et un peu trop deus ex machina sur la fin.

En fait, ce qui est plaisant dans Agatha Raisin c'est de la découvrir, mais côté polar on s'ennuie un peu. Je lirais peut-être la suite un jour où j'aurais besoin de me vider la tête, mais sans plus.

La quiche fatale

Agatha Raisin est un personnage atypique : ronchon, entêtée, arrogante, tricheuse, égoïste... Dire qu'elle ne manque pas de défauts serait un euphémisme ! Mais paradoxalement son vocabulaire fleuri, ses manigances et son incroyable capacité à se faire des ennemis la rendent plutôt attachante !

Lorsqu'elle décide de plaquer Londres et son agence de relations publiques pour un petit village des Costwolds, tout ne va pas se passer comme prévu. Dans une ambiance un peu désuète à la Miss Marple, notre irrévérencieuse quinquagénaire va avoir du mal à trouver sa place. Il faut dire que se retrouver mêlée à une histoire de meurtre par quiche empoisonnée n'est pas la meilleure des entrées en matière pour initier des relations de bon voisinage !

Une lecture sympathique qui, sans arriver à la cheville du suspens d'un Martha Grimes ou du génie d'un Agatha Christie, vous fait tout de même...

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La mort nomade

J'avais adoré Yeruldelgger, puis été un peu déçue par Les temps sauvages, mais alors là vraiment Monsieur Manook, il va falloir arrêter. C'est tellement dommage d'avoir réussi un si bon premier tome pour le gâcher ensuite dans une série de bas étage !

Je me suis vraiment forcée pour finir ce 3ème opus, et encore j'ai sauté quelques paragraphes. Pour tout dire, j'ai nettement préféré lire dans le même temps le tome 3 de La guerre des clans – la saga qui passionne mon fils de 8 ans – que ce navet insipide regroupant à lui seul tous les clichés du genre. Personnages tellement caricaturaux que ça en devient comique, méchants véreux pleins aux as, coïncidences à la pelle, et surtout du sexe, du sexe et encore du sexe. Jusqu'à l̵...

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Sorj Chalandon

Je pourrais lire du Sorj Chalandon tous les jours de ma vie. A l'heure actuelle, j'ai lu tous ses livres, mais j'attends avec impatience le 18 août prochain pour pouvoir dévorer « Le jour d'avant » qui j'en suis sûre sera à la hauteur de ses sept prédécesseurs.

Sorj Chalandon, c'est mon auteur préféré de l'univers. J'aime beaucoup d'écrivains d'hier et d'aujourd'hui, mais lui, il est à des milliers de kilomètres au-dessus des autres. Toujours caché derrière ses personnages, il est un peu d'Antoine, un peu de Georges et de Samuel. Il est Bonzi, il est Lupuline. Il est Emile. Et il est Sorj. Parlant de lui sans en avoir l'air, lucide mais jamais amer, toujours avec tendresse il évoque à merveille des sentiments forts et universels. J'aime sa nostalgie teintée d'optimisme.

Sorj Chalandon a vécu la guerre, et pourtant il a gardé une âme d'enfant. Une réelle âme d'enfant, de celles qui font voir de la magie dans un...

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Liberia

Liberia, c'est une histoire vraie et méconnue, celle de l'African Return. Une Histoire avec un grand H, scandaleusement absente des livres d'Histoire. Honnêtement, je n'avais jamais entendu parler de ces colons noirs venus, ou revenus, s'installer sur la côte Africaine au milieu du XIXe siècle. Et pourtant, quel incroyable chemin ils ont parcouru !

Liberia, c'est une fiction qui n'en est pas une, où les personnages historiques se confondent avec leurs versions romancées. Comme le Julius Washington du roman qui ressemble étrangement à l'Augustus du même nom, premier daguerréotypiste du Liberia, et bien réel lui. Ou encore comme la famille Hartwell Cocke qui – hormis le prénom du patriarche John devenu George – est tout aussi réelle que les présidents Jefferson et Madison, pour ne citer qu'eux.

Liberia, c'est un roman captivant, extrêmement bien documenté, qui vous fait traverser l'océan à bord de majestueux v...

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Quand j'avais cinq ans je m'ai tué

Quand j'ai lu pour la première fois l'histoire de Gil, j'étais à peine plus âgée que lui ; aujourd'hui c'est mon fils qui a son âge. Et la transposition n'en est que plus forte, l'émotion plus violente.

Gil est un gamin hors normes, dont l'imagination trop riche et la soif de vivre perturbent, pour ne pas dire effraient son entourage. Ses parents, engoncés dans leurs principes étouffants, désemparés devant ce fils qu'ils ne comprennent pas, ne savent pas l'aimer, malgré une évidente bonne volonté de la manman. Alors quand il rencontre Jessica, une petite fille aussi lunaire que lui, c'est le coup de foudre, même s'il ne sait pas encore mettre de mots sur cet émoi. Mais pour les adultes bien-pensants, les enfants ne sont que de petits êtres incomplets, incapable de sentiments. Et c'est le drame.

Interloqué de se retrouver isolé dans la "Résidence Home d'Enfants les Pâquerettes" à cause de Lire la suite...

La route

La route fut longue et éprouvante, tant pour les protagonistes de Cormac McCarty que pour moi simple lectrice.

Un style décousu – cette avalanche de "et" est proprement indigeste, des dialogues brefs et sans chaleur, des personnages déshumanisés auquel il est difficile de s'attacher et une mise en page inexistante. D'accord, tout cela cadre avec l'ambiance post-apocalyptique que l'auteur cherche à dépeindre... mais cela rend également la lecture très désagréable. Entre ennui et désintérêt, rarement un livre dont le propos est pourtant ouvertement poignant m'aura provoqué si peu d'émotion.

Alors SF ou pas SF je ne sais pas, mais une chose est sûre, ce roman, quoiqu’original, n'était pas pour moi.