Mes citations

Au fond, la lecture est un processus bien plus créatif et imaginatif que l'écriture : quand le lecteur invoque l'émotion, ou les couleurs du ciel au soleil couchant, le parfum de la brise d'été sur son visage, il mérite autant de considération que l'écrivain... voire plus.

Un livre, ça n'a l'air de rien, des mots sur une page, mais en réalité, il s'agit d'une technologie infiniment plus complexe qui traduit des gribouillis bizarres tracés à l'encre en images à l'intérieur de votre crâne. Actuellement, nous utilisons le système d'exploitation V8.3. Mais le Grand Central du Texte à l'intention de procéder bientôt à une mise à jour.

Bouffonnerie et tragédie, ces deux antithèses ne contenaient-elles pas en définitive toute l'humanité ?

Une femme élancée, aux épaules nues, qui le frôlait, lui apparut soudain comme la vivante statue de la déchéance, et le cavalier au bras duquel elle s'abandonnait, comme l'incarnation même de l'hypocrisie, dissimulant sous une correction banale et factice ses désirs brutaux, tel un lépreux qui cacherait aux regards ses plaies hideuses.

Certaines passions nous élèvent au point de faire de nous des héros ; d'autres au contraire nous précipitent jusqu'au tréfonds de la plus dégradante bestialité.

La naissance et la mort sont deux expériences qui ne se partagent pas. On naît seul, on meurt seul. Entre les deux, on se débrouille. Moi, entre les deux, j'ai eu la chance de te rencontrer, et même quand t'étais pas là, je me suis jamais senti seul. Parce que, en vrai, t'étais là.

[Anna] fait partie, avec José, de ces rares vieux machins que la vie m'a donné de rencontrer et qui étaient tellement généreux qu'ils me faisaient douter du principe de base selon lequel plus on est vieux moins on est jeune.

Essaie de ne jamais oublier tes rêves. La vie, les gens, tous essaieront de t’empêcher d’être libre. La liberté, c’est un boulot de tous les jours. Un boulot à plein temps.

[...] il avait beau être le plus voyou d'entre nous, ma parole, il m'est d'avis que c'était le plus triste tout au fond, et d'ailleurs c'est peut-être toujours comme ça, les voyous.

Plus le temps passe, plus j'ai l'impression de voir nos libertés s'abîmer, comme un buisson auquel on fait rien que de couper les branches, « pour son bien ». J'ai le sentiment que, chaque jour, une nouvelle loi sort du chapeau d'un magicien drôlement sadique pour réglementer encore un peu plus nos toutes petites vies et mettre des sens interdits partout sur nos chemins. Quand je pense aux histoires que me racontait Papy Galo sur son enfance, des belles histoires de gosses aux genoux écorchés rouges, je me dis que ça pourrait plus arriver aujourd'hui, parce qu'il est devenu interdit de faire ci, interdit de faire ça, interdit d'aller ici, interdit d'aller là. Le passé, c'est comme un paradis perdu où tout était permis, tout était possible, et puis maintenant, plus rien.

Rien n'a changé depuis Le Bonheur des dames, les femmes sont toujours la première cible – consentante – du commerce.

Les instances commerciales raccourcissent l'avenir et font tomber le passé de la semaine dernière aux oubliettes.

Dans le monde de l'hypermarché et de l'économie libérale, aimer les enfants, c'est leur acheter le plus de choses possibles.

L'idée de péché l'enflammait à tel point qu'une reddition innocente lui semblait froide comme marbre.

Les femmes sont trop semblables et bien trop différentes.

Tout en l'aimant peut-être, elle devait à chaque instant trembler qu'il ne parlât de leur amour. Ce n'était pas en paroles qu'il s'inscrivait en elle. Elle était, en quelque sorte, attirée avec une force dont elle était à peine consciente vers ce qui existait malgré lui en Markie. « On devrait être muet, songeait-elle, il devrait y avoir d'autres moyens de s'entendre. »

Le libre arbitre est une erreur, pensait-elle paresseusement sans trop savoir ce que cela signifiait.

Elle aimait cependant recevoir des confidences, pourvu qu'elles fussent présentées adroitement, avec quelques allusions à sa propre originalité, et non pas lâchées sur ses orteils comme une lourde valise que l'on a hâte de poser.

Passé l'euphorie de la Libération, la France fut prise par une frénésie de règlements de comptes à la mesure des frustrations amassées pendant quatre ans.

Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita.